Model Story #4 – Il était une fois Aly

Pourquoi avoir décidé de partager mon expérience de mannequin en ligne ? Par ce que mon parcourt est loin d’être classique. Il a forgé la femme que je suis et les valeurs que je partage sur ce blog.

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Des débuts hésitants

Depuis mon enfance, mon entourage ne cesse de me répéter que j’ai la “taille mannequin” par ce que je suis plus grande que les filles de mon âge. Tant et si bien que l’idée de devenir mannequin fini par germer dans mon esprit.

À 17 ans, j’entraine mon père sur mon premier casting pour tenter ma chance sur l’émission de Top Model 2005, diffusée sur M6. Le manque de confiance en moi et le stress ne me permettent pas d’être sélectionnée, mais j’ai “un profil intéressant”. Cette année là, suite à une longue maladie, je dois subir une grosse intervention. Je me fais alors une promesse : “Si je m’en sors, je ferai tout ce que je peux pour réaliser mes rêves”.

Deux ans plus tard, bac en poche, je crée ma page Myspace. Je commence à démarcher des photographes pour créer un book. Mon chemin croise alors celui de celle qui est depuis ma marraine, la scout Jana Hernette. Suite à une séance ensemble, elle propose de présenter mon profil aux agences. Je signe quelques semaines plus tard chez VIP Models et décroche mon premier contrat.

À la maison, mes parents ne sont pas rassurés par ce milieu. Ils ne m’interdisent pas de suivre cette voie mais passe un contrat moral avec moi. Je dois poursuivre mes études en parallèle. Ça ne m’a pas toujours rendu service avec les agences. Mais aujourd’hui, lorsque je réfléchis à ma future reconversion, je sais que j’ai un BAC+5 en poche et je les remercie.

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L’épreuve des premiers castings

À cette époque, je n’ai pas beaucoup d’estime pour moi. Je me cherche beaucoup. Mes looks passent du rock au hip hop. De la jeune fille qui tente de se déguiser en femme à l’adolescente à l’aise seulement en jean, basket, cachée sous un sweet à capuche. Mon maquillage consiste à surcharger mes yeux pour détourner l’attention de mon acné, que je tente de cacher sous une épaisse couche de fond de teint.

Mon corps est athlétique, j’ai grandi dans une famille sportive et j’ai fait 10 ans de danse à un niveau soutenu. Mais je préfère sortir avec mes amis, manger et boire n’importe quoi plutôt que de faire du sport. Je fais une bonne taille 40. En casting ce flou artistique allié à un gros manque de confiance se ressent.  Cela me vaudra une belle réflexion de Dominique Damien : “Avec des cuisses pareilles, vous auriez du rester dans la danse”.

À force de recevoir des critiques sur mon physique et de croiser des collègues longilignes, une croyance s’installe dans mon esprit : “Pour réussir, je dois être maigre, jusque là c’était un coup de chance.”

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La naissance d’une passion et d’une vocation

Durant mes deux années de BTS, je perds confiance. Ca ne marche pas vraiment, je me lance alors dans des régimes sans queue ni tête. Ma mère déclare un cancer du sein, je ne suis pas au mieux. Je me réfugie dans la nourriture, culpabilise et commence à faire des crises de boulimie. Elles vont aller et venir pendant 5 ans dans les moments les plus sombres.

Le milieu de la mode et de la beauté commence à me passionner. Si bien que je poursuis mes études à Mod’Art en formation mode et business. Pendant 2 ans mon œil se forme, j’apprend peu à peu les enjeux et les coulisses de ce qui est aujourd’hui mon métier. J’affirme peu à peu ma personnalité. Ce qui me vaut de signer chez Contrebande.

En parallèle l’agence Idole, aujourd’hui fermée, demande à me rencontrer. C’est une grosse agence mode. Gabriela, une bookeuse m’explique alors comment me maquiller et me présenter en casting. Mes mensurations, notamment mon tour de hanche bloquent pour que l’agence me représente. Cependant mon profil les intéresse pour quelques jobs que j’accepte.

Un stage de fin d’études chez City Models en tant qu’assistante bookeuse, valide mon M1. Je tente alors ma chance dans le mannequinat à plein temps. Je rencontre un diététicien, prend un temps partiel dans une boutique de créateur pour m’installer à Paris et courir les castings. Sur un job je rencontre Audrey, qui m’a parle d’Elégance Models à Hong Kong.

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Des voyages et de nouvelles expériences

Je contact la directrice de l’agence. Elle me rencontre sur le Who’s Next. Mes hanches font encore débat mais elle décide de miser sur moi. Je signe pour 3 mois et reste finalement 6 mois.

Ce voyage fut une révélation. Je travaille pour des marques incroyables comme Calvin Klein, Hugo Boss, Etam… Je fais essentiellement des fitting et des showroom mais ma petite expérience me permet de signer également trois campagnes. Je prends confiance en moi et je me découvre à l’autre bout du monde. Mais le mal du pays, les péripéties sur place et le manque de mes proches me poussent à rentrer.

Après mon retour express, je continue mon chemin à Barcelone. Je signe chez Flemming Models grâce à Jana Hernette. Une fois de plus mes hanches font débats. Je m’inscrit donc dans une salle de sport et suit un conseil pas très constructif : le soir c’est soupe et au lit. Je perd confiance en moi et ne décroche aucun contrat pendant 3 mois. Je fini par me dire que le souvenir de Hong Kong était un coup de poker.

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Reprise des études et redécollage

À mon retour en France, je recontacte mes agences pour me remettre au charbon. Une fois encore je me heurte à la même critique : “Ecoute Aly, tu es très bien mais faut vraiment travailler ta culotte de cheval, sinon on ne pourra pas te faire bosser “.

Vexée et épuisée, je reprends mes études. Le premier semestre à peine entamé, que je confirme des castings avec DDP et le site en ligne des Galeries Lafayette. Malheureusement le rythme des études et mon stage de 6 mois ne me permettent pas de garder les contrats. Mais je reprends à nouveau confiance en moi.

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Un retour sur de meilleures bases

Je décide d’envisager ce retour dans le mannequinat sous un meilleur jour. Fini la boulimie, j’entame un travail sur moi pendant 2 ans. Fini l’idéalisation d’un physique qui ne me correspond pas, je transforme mes formes en atouts pour la lingerie. Ma priorité : être en bonne santé. Je fais attention, du sport et je ne me prive plus.

Les agences ne dictent plus mon mode de vie. Je prends conscience de ma valeur sur le march. Je diversifie mon expérience avec le détail et j’enchaine les tests pour renouveler mon book régulièrement. Il y a toujours quelques périodes de creux mais beaucoup plus courtes. J’apprends à prendre le recul nécessaire pour les envisager avec positif.

Il n’y a pas de formule mystère. Depuis ma reprise à plein temps en 2015, je travaille bien et j’ai trouvé mon équilibre dans ce métier. J’ai pris pas mal de distance avec les points négatifs, je choisi de m’en amuser et surtout de me réaliser.

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Morale de cette histoire

La confiance et la personnalité sont les clés du mannequinat. Les coups de chance ne sont pas liés au hasard. C’est un métier difficile dans lequel il faut plus ou moins de temps pour faire sa place. Certains brillent dès le début puis traversent des déserts, d’autres gravissent montagne après montagne. Mais si une agence vous signe, c’est qu’il y a du potentiel chez vous. Même si vous ne le voyez pas vous même.

Il faut s’accrocher, ce métier ressemble à de l’intérim. Les mois ne se ressemblent pas. La patience et un travail régulier aident à remonter les pentes. On rencontre tous des périodes de creux, il faut être fort mentalement pour ne rien lâcher dans ces moments. Et pour ça, chacun sa méthode : certains partent, d’autres se recentrent sur d’autres activités, …

Le mannequinat ne se limite pas à la taille 34. Je l’ai cru à tord aussi à mes débuts. Respectez votre morphologie et essayez de ne pas tomber dans les dérives du métier. Chaque corps correspond à un ou plusieurs marchés.

Pour moi c’est la lingerie, le prêt à porter et le détail. Je ne suis pas fermée aux autres, je corresponds moins. Ce qui ne m’empêche pas de défiler ou de faire de la beauté de temps à autre.

Ce serait vous mentir si je vous disais que je ne fais pas attention à ce que je mange et que je ne fais pas de sport pour entretenir mes mensurations. L’hygiène de vie est importante pour perdurer. Le tout est de trouver son équilibre pour croquer la vie tout en prenant soin de soi et de son corps.

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Voilà mon message et voilà pourquoi ce blog existe. Mannequin ou non, on rencontre tous des moments de doutes. Si ce blog peut vous éviter de répéter mes erreurs, vous aider à comprendre le métier et à avancer,  j’atteins mes objectifs. N’hésitez pas à laisser vos réactions et vos questions en commentaire.

Posted by

Mannequin, community manager, apprentie blogueuse

8 thoughts on “Model Story #4 – Il était une fois Aly

  1. bravo ma belle, l’important est toujours de croire en son destin!! (et surtout le prendre en main…..) tu peux en etre fière!! (et tes parents aussi, d’avoir une fille volontaire comme toi….) bonne fin d’année!!
    bises de cousine Monique

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